Jeudi 9 juillet 2009

Le représentant de l'UE à Tel-Aviv a été convoqué au ministère des Affaires étrangères : une mise au point qui est généralement épargnée aux diplomates américains.

Tancé par Barack Obama sur la colonisation israélienne en Cisjordanie, Benyamin Nétanyahou ne tient pas à ce que les Européens lui fassent à leur tour la leçon. Tel est le message très sec transmis au représentant de l'Union européenne en Israël. Convoqué au ministère des Affaires étrangères, ce diplomate a eu droit cette semaine à de véritables remontrances, à la suite d'un communiqué de la Commission européenne au style très éloigné de la langue de bois diplomatique en usage habituellement à Bruxelles.

Ce communiqué accuse la colonisation israélienne «de contribuer à étrangler l'économie palestinienne» tout en entretenant la dépendance des Palestiniens vis-à-vis de l'aide internationale. «C'est le contribuable européen qui paye la majeure partie de cette dépendance», déplore le communiqué.

Maillon faible

La réaction ne s'est pas fait attendre. L'ambassadeur de l'UE en Israël, Ramiro Cibrian Uzal, s'est rendu au ministère israélien des Affaires étrangères pour s'entendre dire en résumé que les Européens feraient bien de ne pas s'occuper de ce qui ne les regarde pas. Autre argument avancé : la Commission, en critiquant les centaines de barrages routiers disséminés par l'armée israélienne en Cisjordanie, qui rendent très difficile tout déplacement des Palestiniens, n'a pas tenu compte du fait que ces mesures de sécurité ont été prises pour contrer les «activités des groupes terroristes palestiniens» tentant de s'infiltrer en territoire israélien pour y commettre des attentats.

Bref, l'Union européenne, qui soutient depuis des années à bout de bras les finances de l'Autorité palestinienne en état quasi permanent de cessation de paiements, devrait changer de ton. Une mise en demeure qui tranche avec le style beaucoup plus prudent adopté par Benyamin Nétanyahou pour rejeter les appels répétés à un gel total de la colonisation en Cisjordanie lancés par Barack Obama. Cette différence de traitement reflète l'image de «maillon faible» dont est affublée l'Europe, à laquelle Israël n'a jamais consenti à reconnaître un rôle politique majeur dans les négociations avec les Palestiniens.

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Par Admin - Publié dans : ACTUALITES
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